L’œil de la lama (blog)

La calmer, vite.

La calmer, vite.

Montreuil, en passant…

Dimanche, j’irai voter contre elle. Contre la Versaillaise à la puanteur de panique et toute la clique qui va avec. D’avoir promis qu’elle quitterait la vie politique en cas de défaite, ça lui fout une de ces trouilles. Parce qu’elle se voyait déjà en haut de l’affiche, bien placée pour jouer la diva dans la comédie présidentielle. Elle y croyait à son destin de reine de la république numéro 5.

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22 juin

22 juin

Ulysse et moi le 22 juin 2004, Tours.

J’avais téléphoné. Demandé à qui de droit que mes épreuves d’admission, je les passe avant. Une semaine ou deux avant les jours que m’avait attribués le tirage au sort. C’était prudent compte tenu de la date présumée de mon accouchement. Pas de dérogation, m’avait-on répondu. D’ailleurs, une autre était enceinte, avait fait la même demande, essuyé le même refus. Par respect de l’égalité de traitement des candidats, les candidates en fin de grossesse devaient choisir : abandonner le concours ou le terminer comme tout le monde, sans aménagement. Une question planait dans le court échange téléphonique avec cette personne de la maison des examen, la question de ma responsabilité. Je passais le CAPES de lettres modernes, mais compter jusqu’à neuf, je savais ? Le ton de la voix. Il aurait suffit de bien calculer, de planifier, de reporter l’un ou l’autre projet, ne pas se mettre dans le pétrin. Je ne sais plus si c’était un homme ou une femme. Ça ne comptait pas.

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Accélération

Accélération

J’ai souvent ce désir de lenteur, d’étirement du temps. Sentir, physiquement, les minutes passer mais pas comme l’enfant ennuyé écoutait autrefois s’écouler les secondes par le tic-tac de l’horloge les après-midis pluvieux. Éprouver le plein du temps et non le vide de l’être abandonné à lui-même. Trouver une maison à l’écart, une chambre sous le toit avec une lucarne donnant sur les ramures d’un grand arbre et occuper mes journées à observer les infimes modifications de la nature. La naissance du printemps. Les premiers assauts de l’automne. L’hiver immobile.

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Genou à terre, poing levé

Genou à terre, poing levé

La vie des NoirEs compte. L’impensable, c’est qu’il faille encore le dire ou plutôt le hurler. Pour des joueurs de l’équipe de France, mettre un genou à terre, faire ce geste symbolique avant le match de foot, aurait été une façon de hurler à la face du monde que la vie des NoirEs comptent. Les policiers français, du moins certains, ceux « en colère » du syndicat France police, n’étaient pas d’accord. Est-ce que la vie des NoirEs compte, pour ces fonctionnaires zéléEs ? Iels ne le disent pas. Iels ont gueulé sur twitter parce que ce genou à terre des footballeurs, ça ne leur revenait pas. Iels ont dit : « #BlackLivesMatter un mouvement suprémaciste noir qui attise la haine et incite au meurtre des policiers ». Iels ont accusé les joueurs : « vous n’avez pas honte de vous servir du maillot bleu pour faire de la politique ? » Parce que chacunE sait bien que les policiers n’auraient jamais la bassesse de se servir de leur fonction de policier, de leur bleu à eux, pour faire de la politique.

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Faire la claque

Faire la claque

Comme ces immeubles entièrement détruits à l’intérieur mais desquels on veut garder la façade pour que, de la rue, rien ne paraissent changé et que l’entrepreneur soutient à grand renfort de butons, notre démocratie représentative ne tient plus qu’à un fil. Désigner parmi le peuple ses représentants par la voie des urnes, pas mauvaise idée sur le papier mais encore eût-il fallu que les dits représentants n’en vinssent pas à constituer une caste d’identiques gestionnaires dont seuls les plus retors, dégénérés en affairistes mafieux, ont l’espoir d’atteindre aux postes suprêmes. Aujourd’hui l’ensemble des politiques semble tombé sans vraie distinction dans le même pétrin d’indifférence et l’on devrait s’émerveiller qu’il reste encore des quidams prenant sur leur loisirs pour s’en aller jeter de la farine sur l’un ou l’autre candidat, plutôt que d’encombrer encore de ces enfarineurs les prisons sur-occupées. Le président l’a bien compris qui tend la joue droite après avoir reçu soufflet sur la gauche : cette gifle n’est rien, dit-il comparé aux malheurs des femmes violentées. C’est que toute baffe venant de l’extrême-droite lui est caresse sur la peau : même pas mal à ma virilité, ma cote de popularité se dresse !

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À l’aveuglette

À l’aveuglette

Panneau électoral, Montreuil 8 juin 2021 ©JK

Dans cette purée de pois qu’est l’avenir à quinze jours, on ne sait où poser la semelle. Le sol se dérobe sous nos pas, embûches et chausse-trappes, on croit deviner un mur bien épais mais à quelle distance ? On y est déjà, au pied du mur, à suivre l’actualité de ce beau pays de philosophes et de fromages, mais on s’y précipite en hurlant, même pas peur.

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Vive la dictature, askip

Vive la dictature, askip

Vincennes, rue de la Liberté le 5 juin 2021 ©JK

Fin de journée dans une commune de la banlieue bourgeoise de l’est parisien. Le temps est au beau, les terrasses des cafés pleines, les familles en short rentrent du bois. On est samedi et certainEs se pressent déjà, vêtuEs de frais, une bouteille à la main, vers leur soirée copaines. Ambiance paisible sur fond de fébrilité à l’approche du Bac et des vacances d’été. On a entendu vers midi sonner les cloches des communions. Ici, c’est la droite enracinée mais pas l’extrême.

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De nos fils vingtenaires

De nos fils vingtenaires

De nos fils vingtenaires, ballottés sur l’effiloche d’amer entre les plages dorées de l’enfance et l’océan incertain de leur existence d’adulte, de nos garçons chahutés par toutes les pressions de cette société que nous n’avons pas su leur construire accueillante, ouverte, digne de recevoir la grandeur de leur être particulier, nous ne savons quoi dire ni quoi penser. Ils sont notre opacité, nos espoirs roulés au creux des lames de l’acrasie et du risquer la perte, toujours au bord du plongeon dans l’abîme.

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Mots et morts

Mots et morts

Réveillée avant deux heures, embarquement pour l’insomnie. Un groupe de fêtards hurle dans la rue, quelque part on lance des pétards, des feux d’artifice. Première nuit fenêtre entrouverte sur l’été qui vient. Dent qui saigne goût de fer dans la bouche. J’attrape le téléphone. Mon fil d’actualité alterne publicités pour de nouveaux livres et décomptes des mortEs.

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Opportunité

Opportunité

Il faut la saisir, dit-on, dans ce langage managérial imposé qui fait de chacune de nous sa propre exploiteuse. Aux aguets de la facétieuse qui montre le bout de son nez quand tu as le tien tourné vers les nuages : il faut être attentive, prête à te jeter sur l’opportunité et non seulement l’empoigner par les cornes mais en profiter. Profiteuse d’opportunité à stipuler sur ton CV et gare à toi si tu la laisses filer : la carrière de ratée est vaste et profonde comme un tombeau très peuplé, c’est la fosse commune de toutes celles qui n’ont pas su saisir l’opportunité et restent au bord, à regarder les gagneuses se pavaner sur les champs élysées de la réussite sociale. Gloire aux opportunistes.

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Thème : Overlay par Kaira.