Besoin de remettre de l’ordre, besoin de remettre beaucoup d’ordre, a déclaré un client en passant à la caisse du Picard. Le retraité regardait d’un air méchant et moqueur les gars qui diffusaient un journal ouvrier devant le marché. Cette demande d’ordre, que l’on entend répétée en écho, qu’est-ce qu’elle veut dire? L’ordre pour qui? Où et comment? Le goût du contrôle et de la sanction, le policier comme idéal. Le goût de la castration opérée par l’état castrateur, par ses agents qui y trouvent leur jouissance. L’état policier pour les autres et pour soi-même le confort de la norme, des avantages qu’elle procure quand on est un homme blanc, retraité, soigneusement vêtu, une baguette sous le bras, quand on a rien à se reprocher parce que sur les mains blanches le sang des oppriméEs ne laisse pas de traces. Installation tranquille du fascisme jusque dans les quartiers encore populaires, sous la forme d’une demande de remettre de l’ordre là où l’on n’avait pas perçu de désordre mais les mouvements de la vie. Viva la muerte, slogan indémodable?

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Thème : Overlay par Kaira.