Les yeux aveuglés du monde

Le monde mondialisé aurait l’avantage de l’information planétaire : les réseaux qui couvrent la planète nous relient les unEs aux autres et interdisent malgré les censures l’absolu secret des turpitudes et des crimes commis par les différents pouvoirs contre leurs populations. Nous savons aujourd’hui, immédiatement et directement, ce qui autrefois nous aurait été longtemps caché. Par exemple, nous savons que Loukachenko, le grand démocrate qui dirige la Biélorussie fait enfermer ses opposantEs dans les geôles de l’état sans du tout se soucier des droits humains et notamment de ceux qui prétendent à la liberté d’opinion et à la liberté d’expression.

Des nouvelles de Biélorussie, nous en recevons en russe, en biélorussien, en anglais et dans la traduction française approximative mais suffisamment claire des logiciels. Quotidiennement, les réseaux et celleux qui s’en servent font leur boulot : informer, dénoncer, alerter. Mais il est un abîme entre dire et être écouté, être entendu. Quand nous aurions rêvé solidarité internationale, autodéfense collective à l’échelle du monde, c’est au mieux la résignation, voire l’indifférence qui domine face aux mauvaises nouvelles qui nous viennent de l’ailleurs. Nous aurions intérêt à ignorer les polémiques imbéciles lancées chaque jour par nos cadors politiques locaux pour nous concentrer un peu plus sur ce qui se passe au-delà de notre tricolore nombril, par exemple en Biélorussie, aux frontières de l’Europe, dictature où l’on réprime violemment les contestataires manifestant depuis un an contre le régime autoritaire et la fraude électorale. C’est que notre cinquième république, les batteries de lois restreignant nos libertés publiques que fabriquent à la chaîne nos parlementaires trop soucieux de nous protéger, le tropisme policier pour « sécuriser » tout ce qui a trait à l’ordre public, devrait nous convaincre que ce beau pays des droits de l’homme présente toutes les potentialités d’une biélorussisation rapide. Mais non, on s’en fout. Et puis il y a Poutine dans le décor et ses indécrottables fanatiques… Alors silence, on emprisonne sous les yeux aveuglés du monde.

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Thème : Overlay par Kaira.